DE cette nuit mauvaise, un homme sortit, fermant un parapluie péniblement : sa silhouette de rat se découpa dans l’embrasure de la porte.
— Vite, monsieur le comte ! entrez, dit la patronne. Elle tituba.
Le nain s’avança sans répondre.
— Vous êtes trempé, poursuivit la patronne en fermant la porte.
Le petit homme avait une gravité surprenante, large et bossu, la grosse tête à hauteur d’épaules.
Il salua Marie, puis se tourna vers les valets.
— Bonjour Pierrot, dit-il en lui serrant la main, enlève-moi mon manteau si tu veux.
Pierrot aida le comte à défaire son manteau. Le comte lui pinça la jambe.
Pierrot sourit. Le comte serra les mains aimablement.
— Vous permettez ? demanda-t-il en s’inclinant.
Il prit place à la table de Marie devant elle.
— Donnez des bouteilles, dit le comte.
— J’ai bu, dit une fille, à pisser sur la chaise.
— Buvez à chier, mon enfant...
Il s’arrêta net, se frottant les mains.
Non sans désinvolture.
MARIE RENCONTRE
UN NAIN